Sa réaction, le jour de l’annonce de la réforme de l’audiovisuel, était très policée. Mais le président de France Télévisions, Patrick de Carolis, s’est ressaisi aujourd’hui, en exprimant avec vigueur dans un entretien à RTL ses désaccords avec… Nicolas Sarkozy himself.
Il a notamment jugé “faux, stupide et profondément injuste” d’affirmer, comme l’a fait le chef de l’Etat, que la télé publique ressemble trop à la télévision privée.
Il a aussi jugé insuffisantes les compensations jusqu’ici annoncées en échange de la suppression de la publicité: “J’estime aujourd’hui que le compte n’y est pas, que nous n’avons pas les moyens de nos ambitions futures… A la fin de l’été, nous verrons si le compte y est. S’il n’y est pas, je prendrai mes responsabilités”, a-t-il précisé.
Il s’est aussi attaché à insister sur son indépendance, et à corriger ainsi ses malencontreuses déclarations sur la ligne éditoriale.
“J’ai toujours eu une ligne de vie professionelle qui est l’indépendance, quels qu’aient été mes actionnaires privés ou publics”, a-t-il notamment indiqué avant d’enfoncer le clou: “Jamais je ne soumettrai mes grilles de programmes, jamais je ne soumettrai un quelconque concept d’émission à un quelconque visa venu de l’extérieur de l’entreprise”.
Sur le projet de remplacer l’élection du président de France Télévisions par le CSA par une nomination en conseil des ministres, il s’est dit “mal placé” pour le critiquer, tout en rappelant qu’il était lui-même “très fier d’avoir été élu par le CSA”. A l’époque, “l’Elysée ne me soutenait pas, Matignon ne me soutenait pas, le ministre de la Culture non plus et j’ai été élu: c’était une grande preuve d’indépendance de cette institution”.
Dont acte. En espérant qu’après ces déclarations franches et pugnaces, personne ne cherchera à lui briser les ailes. On en viendrait à douter une nouvelle fois des assurances de la ministre de la Culture, Christine Albanel, qui avait affirmé récemment qu’il n’y avait “aucun risque de reprise en main”.
Audiovisuel (suite): le coup de gueule de Carolis
2 juillet 2008 par 600mots