Vu le soir des européennes à Strasbourg, dans les couloirs du parlement européen transformé en annexe de la mairie de Strasbourg pour la publication des résultats: l’eurodéputé FN Bruno Gollnisch, s’enfilant une série de verres de sylvaners. “Je ne sais pas pourquoi je bois, car je ne sais pas si je suis élu ou pas. Si je suis élu, je bois à mon succès. Si je ne le suis pas, je bois à mon départ”, plaisantait-il devant les journalistes, non loin du très sélect bar des députés transformé pour l’occasion en bar populaire.
Plus tard dans la soirée, le résultat tombe: 7,62 % des voix pour Bruno Gollnisch. Au journaliste qui le lui annonce, il ne cache pas sa déception. Mais il ne sait toujours pas si cela lui permet de passer le cap, car le système de distribution des restes à la proportionnelle est bien compliqué. Tout dépend des résultats des autres. “J’attendais que vous me l’annonciez”, répond-il au journaliste qui lui demande comment interpréter ce résultat. Pessimisme ? Déception ? Le voilà ensuite qui s’en prend à ceux de ses partisans qui ont cru bon de protester par l’abstention : “Beaucoup de gens qui partagent nos idées ont pensé sottement qu’ils contestaient le système en restant chez eux”. Les sots… Il s’empresse ensuite de préciser : “Mais ils y ont été conduits. C’est exactement ce que souhaitaient les tenants du système…”
Puis il souligne: “pour ma part, si je ne siège plus au Parlement européen, j’ai toujours moyen de gagner beaucoup plus en me reconvertissant dans le civil”, contrairement à tous ces abstentionistes victimes de la crise et de l’Europe qui “continue de détruire les frontières, d’augmenter le chômage et les délocalisations”.
Puis vient le coup de grâce: “Que tous ces gens-là s’en prennent à eux-mêmes”.
Le lendemain, après avoir appris qu’il était quand même réélu, l’eurodéputé FN s’est fendu d’un nouveau communiqué pour saluer “les excellents résultats des droites européennes” en Belgique, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Autriche en Bulgarie et en Hongrie…
Européennes : Gollnisch et les abstentionnistes
18 juin 2009 par 600mots
Ce commentaire assez malveillant x ne correspond pas à la réalité, déformée par le parti-pris de son anonyme (?) et pas très courageux auteur.
La vérité, c’est que j’ai été d’une humeur parfaitement égale et patiente tout au long de la soirée.
Le seul événement qui devrait susciter quelque interrogation chez notre Rouletabille est le fait que des bureaux de vote qui ferment au plus tard à huit heures et très souvent dès six heures n’aient toujours pas communiqué leurs résultats à la préfecture à minuit passé…
P.S. en quoi le communiqué que j’ai publié le lendemain était-il particulièrement triomphaliste ? Le commentateur aurait du en lire le titre qui parlait de résultats contrastés. Ce qui signifie évidemment : bons dans certains pays, décevants dans d’autres, dont la France…
Dont acte: M. Gollnisch était d’une humeur parfaitement égale et patiente tout au long de la soirée. Dans un souci d’objectivité, j’ai retiré volontiers quelques phrases qui pourraient être interprétées comme des “commentaires” et me réjouis de compter au moins un lecteur attentif sur ce modeste blog.